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La diabolisation du sionisme

Depuis l’apparition du terme « sionisme » au XIXe siècle, les mythes concernant le pouvoir, la richesse et l’influence des Juifs incluent des affabulations sur un complot sioniste visant la domination mondiale. En 2025, à mesure que de profonds bouleversements se déroulaient dans les affaires mondiales, une logique complotiste similaire s’est emparée de nombreux Canadiens engagés dans le militantisme politique. Dans des milieux tels que les syndicats, les associations étudiantes et les groupes de défense des droits civiques, ceux qui s’opposaient à ce qu’ils qualifiaient de sionisme, par ignorance ou sciemment, ont fini par colporter l’antisémitisme. 

Ceux qui propagent des manifestations antisémites sous couvert d’antisionisme ne forment pas un groupe homogène. Ils vont des partisans d’idéologies de gauche aux suprémacistes blancs et aux fondamentalistes religieux. Leur antisionisme peut trouver son origine dans une perception erronée selon laquelle le sionisme serait assimilable au colonialisme de peuplement, ou bien reposer sur une haine à caractère racial ou religieux envers le peuple juif et, par conséquent, envers l’État juif. Quelle que soit la logique qui sous-tend leurs convictions, leur opposition à l’existence d’un État juif constitue leur principal dénominateur commun.

La diabolisation généralisée des sionistes a contribué à la propagation d’un antisémitisme pur et simple. Cette tendance est présente depuis les années 1960, mais elle s’est accélérée depuis le 7 octobre 2023. Les Juifs qui se disent sionistes — selon des études, ils constituent la grande majorité des Juifs canadiens — font de plus en plus l’objet d’une réprobation et d’une stigmatisation généralisées. 

L’augmentation des attaques contre la vie juive au Canada en 2025 était en grande partie liée à la diabolisation du sionisme. Les Juifs qui estiment que le peuple juif a le droit d’exercer son autodétermination dans sa patrie ancestrale sont, par définition, des sionistes. Les idéologues qui soutiennent que toute personne qui est sioniste est responsable de ce qu’ils perçoivent comme des injustices au Moyen-Orient créent ainsi, de fait, une justification morale des attaques qui visent la communauté juive. Ce qui suit est un aperçu non exhaustif de certaines des façons dont l’antisionisme a affecté à la fois la communauté juive et, plus généralement, la société canadienne en 2025. 

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Des syndicats étudiants engagés dans des manifestations antisionistes

En mars 2025, des groupes d’étudiants de Montréal à Vancouver ont participé à une grève de plusieurs jours pour promouvoir la solidarité avec la Palestine. Ces rassemblements à l’échelle nationale ont réuni des personnes associées à des groupes tels que le Palestine Youth Movement, Liberate 48, basé à Toronto, et Montreal for Palestine, lesquels ont tous produit des contenus qui diabolisent le sionisme, glorifient ceux qui « résistent » à l’État juif et justifient le recours à la violence.   

En avril, l’Association étudiante de l’Université McGill a mis en œuvre une politique contre le génocide à Gaza issue d’un référendum de 2024. Ce document engage le syndicat à adopter une position « ferme » et « cohérente » contre « l’apartheid colonialiste » en Palestine. Cette présentation implique un rejet antisémite du sionisme, car elle dépeint les Juifs comme une force étrangère en Israël. 

L’association étudiante de l’Université de Toronto Mississauga a autorisé des événements glorifiant des « martyrs » palestiniens, y compris un événement organisé le jour du deuxième anniversaire du 7 octobre, ce qui revient à édulcorer des actes de terreur et à minimiser les atrocités commises contre le peuple juif. La solennité de cette journée du 7 octobre a également été bafouée à l’Université Concordia de Montréal. L’administration de l’université a été contrainte d’annuler les cours le 7 octobre 2025, en raison de la menace de « perturbations extrêmes » posée par des manifestants anti-sionistes.

Les anarchistes et la gauche militante

Montréal, en 2025, restait un foyer de quelques-unes des attaques les plus militantes contre le sionisme. Des groupes tels que Pink Bloc, Montreal Antifascist et d’autres ont revendiqué des actes de vandalisme visant des entreprises, des banques, des universités ou d’autres institutions prétendument associées à Israël, au sionisme et à l’impérialisme. Des incidents similaires se sont produits à Edmonton, à Toronto et ailleurs dans tout le pays. Dans certains cas, ces attaques ont été manifestement antisémites : elles visaient des commerces appartenant à des Juifs, recouraient à des clichés et à des images antisémites et propageaient des théories du complot antisémites. Par exemple, l’idée selon laquelle les médias seraient contrôlés par des « sionistes », ce qui est un code pour désigner un complot antisémite classique axé sur la domination juive des médias et du pouvoir mondial. 

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Antisionisme et Juifs canadiens LGBTQIA+

Les membres juifs de la communauté LGBTQIA+ qui s’identifient comme des Juifs sionistes ont été confrontés à des formes spécifiques d’ostracisation en 2025.

Par exemple, lors d’une soi-disant « journée de vengeance » ostensiblement destinée à donner de la visibilité à la communauté transgenre, un groupe de défense montréalais a lié son militantisme à la lutte contre Israël, exhortant ses partisans à apporter des keffiehs lors d’une marche qui a donné lieu à des affrontements violents avec la police. Au cours du Mois de la fierté, qui a lieu chaque année au printemps, des organisations juives et des entreprises ayant des liens avec Israël ont été exclues des festivités de la fierté organisées à travers le pays, ou se sont senties malvenues, en raison de leurs convictions sionistes ou de leurs liens avec Israël.

Le sionisme diabolisé lors des élections

Lors de l’élection fédérale canadienne de 2025, les affiches et les bureaux de campagne des candidats ont été vandalisés avec des inscriptions injurieuses et des images haineuses ciblant leur soutien perçu à Israël et au sionisme. Les affiches de certains candidats juifs ont été vandalisées à l’aide de croix gammées et d’autres symboles antisémites. Malheureusement, la diabolisation du sionisme et l’instrumentalisation de l’antisémitisme pour attaquer des candidats politiques ne se sont pas limitées à l’élection fédérale, puisque des élections provinciales et municipales dans tout le pays ont été entachées d’incidents similaires.

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Effacement social des sionistes

En 2025, les Juifs qui s’identifiaient comme sionistes ont été confrontés à une hostilité croissante provenant de sources inattendues. Plusieurs applications de VTC, dont Uber, ont été confrontées à des scandales après que des chauffeurs ont refusé de transporter des passagers juifs ou israéliens en raison de leurs convictions sionistes. Des autocollants et des graffitis trouvés dans des lieux publics, dans plusieurs villes, ont condamné et tenté de marginaliser les personnes aux convictions sionistes. Dans un cas précis, des autocollants ont été découverts à Montréal, exhortant les membres de la communauté à ne pas sortir avec des sionistes. Il en a résulté une tentative d’effacement systématique des sionistes et, par conséquent, de nombreux Juifs.

En résumé

Le cadrage problématique autour du sionisme a eu des conséquences dramatiques pour la communauté juive. En juin, un ancien avocat de la Ville d’Ottawa a vandalisé le Monument national de l’Holocauste. C’était un crime bouleversant qui a profondément touché les Canadiens juifs. L’auteur a justifié ses actes grotesques et antisémites comme l’expression de ses convictions antisionistes. 

En 2025, l’Association pour les études juives canadiennes (ACJS) a publié une étude démontrant que de nombreux Juifs s’abstiennent d’utiliser l’étiquette « sioniste ». Cependant, cette même étude a également conclu que la plupart des Juifs canadiens croient au droit du peuple juif à exercer l’autodétermination dans sa patrie ancestrale. B’nai Brith Canada a reçu des témoignages de nombreux Canadiens juifs dans tout le pays qui ne se sentent plus à l’aise pour exprimer en public leur soutien à Israël. L’incapacité des Canadiens juifs à exprimer ce qui constitue, pour beaucoup, un principe fondamental de leur foi tient en partie à la pression extérieure exercée par ceux qui diabolisent le sionisme et, ce faisant, étouffent un aspect central de ce qui est, pour de nombreux Juifs canadiens, un élément important de leur identité juive. 

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